
Rimouski, le 21 août 2026 – Plusieurs médias rapportent que le gouvernement fédéral s’apprêterait à abroger la Loi sur les nouvelles en ligne en guise de nouvelle concession face à Donald Trump. Le Bloc Québécois avertit le gouvernement libéral : c’est une ligne rouge à ne pas franchir qui entraînerait des répercussions dangereuses pour l’ensemble de l’écosystème médiatique québécois national et régional.
La Loi sur les nouvelles en ligne oblige les géants du Web à verser une compensation financière aux médias d’information québécois et canadiens pour le partage et l’utilisation de leur contenu. À la suite de son adoption, Google s’est engagé à verser 100 millions de dollars par an afin de soutenir les médias. Son abrogation ferait suite à la suppression de la taxe sur les services numériques et l’annulation des redevances aux diffuseurs en ligne.
« Nous lançons un avertissement à Mark Carney : ne sacrifiez pas les médias d’information québécois pour faire plaisir à Donald Trump. La Loi sur les nouvelles en ligne est essentielle à la survie de nombreux médias et hebdos québécois, particulièrement en région. Après avoir capitulé devant les États-Unis et les géants du Web en supprimant la redevance du CRTC pour les diffuseurs en ligne et en annulant la taxe sur les services numériques, Mark Carney laisserait à nouveau Donald Trump dicter la politique culturelle et fiscale canadienne en mettant en jeu la survie du secteur culturel et médiatique du Québec et de ses régions. Si les concessions en termes de gestion de l’offre, de forêt, d’aluminium ne suffisaient pas, celle-ci coiffe le tout. Notre message est clair : ne signez pas cet accord », avertit le député de Rimouski–La Matapédia, incluant La Mitis, Les Basques et la Neigette, Maxime Blanchette-Joncas.
Rappelons qu’entre 2017 et 2023, les stations régionales de radio Énergie et Rouge FM de Rimouski-Amqui ont aboli sept postes, principalement occupés par des journalistes et des techniciens, avant d’être vendues à Arsenal Média. Du côté télévisuel régional, la station TVA Rimouski est passée de 30 à 8 employés en deux ans. La presse écrite a également été durement touchée, avec la disparition de publications et l’abandon de la distribution porte-à-porte dans plusieurs secteurs.
« Avec leurs derniers reculs devant les États-Unis et les géants du Web, les libéraux ont déjà nui à l’avenir de notre télévision, de notre cinéma et mis en péril la survie de la culture québécoise. En ajoutant le secteur de l’information national et régional, Ottawa anéantirait l’ensemble des politiques censées faire face au rouleau compresseur des géants du Web que ce gouvernement libéral a pourtant lui-même mis en place. Après la pléiade de concessions de Mark Carney, la question ne sera pas qu’est-ce qu’il nous reste, mais que reste-t-il de nous? », conclut Maxime Blanchette-Joncas.


